Ken-san est un documentaire réalisé en 2016 par Yûichi Hibi, revenant sur la carrière de Kan Takakura, à travers les témoignages d’une vingtaine d’intervenants dont les cinéastes japonais Yasuo Furuhata, Yoji Yamada et Tadashi Sawashima, les acteurs Tatsuo Umemiya et Nobuo Yana, l’actrice Ryoko Nakano, et des personnalités hors japon ayant croisé sa route comme Paul Schrader, Michael Douglas, John Woo, Jan de Bont ou tout simplement l’admirant comme Martin Scorsese.
Les extraits comme d’habitude sont rares mais compensés par une riche iconographie.
Les plus belles images sont des dessins et peintures dont je n’ai malheureusement pas pu identifier la source. Ken Takakura fut un acteur puissamment graphique.
Des photos de plateau sont fascinantes comme la séance de maquillage couvrant Takakura de tatouages yakuza.
La plastique de l’acteur, sa musculature puissante et sa peau deviennent le support d’une composition florale entrelaçant les fameuses pivoines. Le corps de l’homme est aussi orné que pourrait être le kimono d’une geisha. Ces fleurs magnifiques gravées sur la peau, dans la vraie vie d’un yakuza, ne s’acquèrent qu’au prix d’une grande souffrance. Leur beauté est également une souillure puisqu’elles le désignent comme membre de la pègre, lie de la société.
Tout cela se lit dans le jeu pudique et assombri de Takakura, dont bien peu de personnages connaissent le bonheur.La beauté de l’acteur est toujours empreinte d’une forme de passivité, dont se souviendra Paul Schrader lorsqu’il construira le personnage de Julian (Richard Gere) dans American Gigolo, appartenant aux monde de la prostitution comme ceux de Takakura appartenaient au monde des yakuzas.





























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