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lundi 9 février 2026

Akiyoshi Ran, le pays des plaisirs oniriques



Akiyoshi Ran est né en 1922 à Séoul pendant l’occupation japonaise, et mort en 1982. Jeune  artiste prometteur, il se retire en Chine après la défaite du Japon et gagne sa vie comme illustrateur, fournissant peintures à l’huile, gouaches et dessins pour des magazines érotiques spécialisés dans le SM, tels que Kitan Club et Utamaro, des années cinquante aux années soixante-dix. 



Sa vie est très peu connue mais, de son vivant, jamais son travail ne fut exposé ni rassemblé en recueil.  Si le terme d’érotisme SM évoque pour nous, occidentaux, un monde de combinaisons latex, de cuir et de fouet, ou pour le versant japonais de femmes en kimono ligotées, l’iconographie d’Akiyoshi Ran en est fort éloignée.



Chez lui on trouve des châteaux délirants taillés dans le granit, des visages formées par le sable dans des paysages hallucinés. On trouve surtout des femmes oiseaux, des femmes plantes, des femmes contrebasses. Si la femme est chez lui, sans doute, une « domina », c’est plus par la pratiques des sciences occultes que par le sadisme. Cet autodidacte va puiser son inspiration dans les peintures occidentales : scènes infernales de Jerome Bosch, paysages lunaires et désertiques de Max Ernst, chevaux décomposés de Dali, mais surtout magiciennes de Leonor Fini qui me semble la première source de son imaginaire féminin. Nul sentiment que l’artiste ne cherche à emprisonner et maltraiter la femme par son trait, bien au contraire il l’approche avec délicatesse comme une déesse. Si, SM oblige, il représente des tortures, celles-ci ont lieu dans des enfers inspirés de Bosch, et ne sont pas l'oeuvre des hommes mais d'étranges démons semblant assemblés avec des squelettes d'oiseaux. 

Fin connaisseur du surréalisme, le mythique éditeur et traducteur Shibusawa Tatsuhiko loua son travail comme « l'expression intense de ses propres rêves ». Les recueils édités bien après sa mort, portent les beaux titres japonais de « Le pays des plaisirs oniriques », « Visions du monde primordial lointain », ou « Fantaisie et Eros ».

Les chimères






 

 Le jardin des délices

 


 Démons burlesques et pervers












L'encre des rêves










Les montagnes hallucinées









Une semaine de bonté










La page Instagram consacrée à Akiyoshi Ran et tenue par sa petite fille ici   

On peut y voir son autoportrait




 Quelques influences 

 Max Ernst

L'Europe après la pluie (1941)

La tentation de Saint Antoine (1945)

Jérôme Bosch

Le Jardin des Délices (1490-1500)

 Félix Labisse

La femme avec un couteau (1970)

Le colloque de Loudun (1975)

Leonor Fini 

Costume pour le Bal de La Nuit du Pré Catelan, Paris, juin 1946 

Portrait de madame Hasellter (1942)

Costume pour le Bal Oriental (1951)

L'Homme aux chouettes (1945)



Dorothea Tanning

The Magic Flower Game (1941)

Arizona Landscape (1943)