Son cinéma, avec ses « yurei » un peu absurdes et ses récits gigognes est très proche de celui de Takashi Shimizu. Tourné en 2011, donc après la grande vague de la J-horror, Vanished: Age 7 en récupère les éléments de façon ludique.
Enquête, récit surnaturel, thriller, Miyake Ryuta prend plaisir à emboîter les genres sans choisir entre le réalisme ou l’occulte. Le générique prend la direction du film policier documentaire, avec un rappel des cas d’« évaporation » au Japon. Plus de 200.000 nous dit un texte. La moitié de ces cas est élucidé, mais les autres ne trouvent aucune résolution. Crimes parfaits, changement d’identité, les causes sont multiples, et renvoient à la faiblesse de la police japonaise (pour ne pas dire l’incompétence). Si certains adultes ont bien le droit de disparaître, que dire des enfants. Parmi eux, une fillette de sept ans : Sakura. Quel est le lien entre la disparition de Sakura et celle de trois autres jeunes filles une dizaine d’années plus tard ?
Elles se nomment Mayu (Kyoko Hinami et ses adorables oreilles décollées), tourmentée et très pieuse, Reina (Rin Asuka), une jeune actrice (de films d’horreur !) et Kaoru (Nanami Fujimoto), une « nerd » un peu excentrique. Rappelant la série des Ju-on, à chaque jeune fille se voit attribuée une partie du film.
Ainsi Mayu voulant porter secours à une jeune fille prisonnière d’une camionnette, tombe elle-même entre les mains du ravisseur. L’histoire de Mayu, amusante et cruelle, s’apparente à un thriller, voir à un film de tueur en série. D’ailleurs, celui-ci est-il le ravisseur de la petite Sakura ? Ce serait un peu trop simple.
L’histoire de Kaoru appartient au genre du « film de terreur de baby-sitter » (Terreur sur la ligne, Halloween, Annabelle 3) puisqu’elle vient garder son petit cousin pour la nuit. Elle découvre une effrayante poupée traditionnelle grandeur nature (voir ici), dans la collection de sa tante, mais celle-ci se révèle une intruse.
Cette « scary true story » n’est que le prélude à son enlèvement. C’est elle, l’adolescente séquestrée dans la camionnette, à laquelle Mayu tente de venir en aide. Ainsi les disparitions provoquent d’autres disparition, dont l’origine se trouve dans celle de Sakura.
Reina quant à elle tourne un film d’horreur dans un lycée abandonné.
Le début de son histoire, mêlant romance et horreur est interrompu par le « cut » du réalisateur (nous sommes bien attrapés !) Abandonnée par mégarde par l’équipe de tournage, elle tente de rejoindre la gare en coupant à traves les bois mais se retrouve à nouveau devant l’école.
Miyake Ryuta est bien un compagnon de route de Shimizu avec qui il partage le goût des structures circulaires.
Après la consultation d’un docteur fantôme et une foule spectrale (de parents d’élèves ?) l’observant derrière les fenêtres, elle découvre dans les sous-sols Mayu et Kaoru ligotées. L’école est donc le repère du serial-killer. Le destin des trois filles, autrefois amies inséparables à l’école primaire est donc lié.
Je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de ce récit tortueux qui parvient habilement à retomber sur ses pieds.
Comme chez Shimizu, les flashbacks, les cauchemars, et les hallucinations provoquées par les spectres sont en définitif équivalents. Le fantôme n’est plus une forme individuée mais un double du réel, dans lequel on glisse, comme dans une faille, et dont on ne peut plus sortir. Le fantôme, comme la culpabilité, est notre geôlier.
Ce dédoublement du monde, seul un cinéaste aussi rigoureux que Miyake Ryuta, avec son art du cadrage découpant le visible comme au cutter, peut le réaliser.













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