jeudi 21 février 2019

Les Funérailles des roses par Bertrand Mandico

Les funérailles des roses de Toshio Matsumoto (Funeral Parade of Roses, 薔薇の葬列, Bara no Sōretsu, 1968),

vendredi 8 février 2019

Mes nuits dans les bars avec Naomi, Eri, Mina, Ako...


Ce sont les femmes de la nuit de l’ère Showa. Elles se nomment Naomi Chiaki, Eri Chiemi, Mina Aoe, Tamaki Sawa, Ako Midorikawa et sont les stars de la enka, cette chanson sentimentale parfois matinée de pop ou de rythmes exotiques comme la bossa nova. C’est à la fin des années 60, que les divas du blues japonais quittent leurs kimonos pour raconter la solitude moderne dans les villes de néons, les nuits pluvieuses, et les bars à cocktail où viennent s’échouer les office ladies trompées, les mama-san solitaires, les prostituées au cœur brisé … Sur les pochettes, ces femmes à la dérive ont le regard lointain et semblent attendre un amour qui ne viendra pas.  Comme des instants prélevés à un film imaginaire, les photos reflètent l’esthétique particulière de showa, sa mélancolie enfumée, glamour et capiteuse. Les pochettes dessinées sont l’œuvre de Kazuo Kamimura, l’auteur du Club des divorcés et de Fleur de l’ombre, qui lui-aussi n’a cessé de mêler son encre aux larmes de ces miss lonelyhearts. 















mardi 1 janvier 2019

De Palma Japonais


C’est toujours un plaisir de dénicher dans les boutiques d'occasion, pour une poignée de yens, ces fameux «pamphlets», livrets que les spectateurs pouvaient acheter à la sortie des salles. Ainsi, on découvre de nouvelles interprétations graphiques des films de Brian De Palma. Les caractères japonais suffisent à donner une expressivité inédite à ses images. L'affiche de The Fury ne m'a jamais semblé plus belle qu'avec ces caractères rouges et griffés. Quant à Scarlett Johansson dans The Black Dahlia, sa peau blanche et scarifiée évoque un érotisme bien plus asiatique qu’occidental.






































et le "theme song" de Blow Out, apparemment seulement édité au Japon.

mercredi 19 décembre 2018

Muhammad “UCUP” Yusuf

J'ai découvert les gravures sur bois de l'artiste indonésien Muhammad “UCUP” Yusuf en novembre à l'exposition "Catastrophe and the Power of Art" du Mori Museum à Roppongi. C'était de loin les œuvres les plus marquantes. Avec le collectif d'artistes activistes Taring Padi, militant pour les droits des paysans, il mêle  la magie, l'horreur et la politique, avec une énergie noire rappelant les comix underground et la grande peinture révolutionnaire d'Amérique du sud. 












MUHAMMAD “UCUP” YUSUF A native of Yogyakarta, Muhammad “UCUP” Yusuf has been involved in artbased protests as part of the Taring Padi collective since the late 1990s. He believes that art is an invaluable tool that fosters understanding and tolerance in society. His newly created woodblocks and woodblock prints reveal his efforts for social change while offering a glimpse of some of the rural communities that are close to his heart. The intricately executed images narrate stories on current disputes over land expropriation and illegal development in Indonesia. Black Coal Dark Energy, for instance, refers to a recent debate about a coal power plant in Central Java. It shows a sea of solemn-faced people beneath angry signs with statements including “Don’t take our land” and “Why state violence against own people.” A larger banner reads “Land and water, our flesh and our blood, we take care until the end” echoing the resolution of the people. The choice of medium of woodblock engravings is significant as throughout history it has been harnessed to create political propaganda. 
Muhammad “UCUP” Yusuf studied painting at the Indonesian Institute of Arts, Yogyakarta, where he graduated in 2005. Alongside a number of prominent private collections in Indonesia and abroad, his works are in the permanent collections of the Palace Museum Yogyakarta, Indonesia; Singapore Art Museum; Fukuoka Asian Art Museum, Japan; and the Queensland Art Gallery of Australia. His work has been exhibited at such institutions as the Museum of Contemporary Art Lyon, France; Yokohama Museum of Art, Japan; and the Jogja National Museum, Indonesia. 
Born in Lumajang, Indonesia, 1975 | Lives and works in Yogyakarta
Extrait du catalogue REV | ACTION, CONTEMPORARY ART FROM SOUTHEAST ASIA, curated by Loredana Pazzini-Paracciani.  Sundaram Tagore Gallery, 2015

le site de Taring Padi

samedi 15 décembre 2018

Halloween à Tokyo



C'est une nouvelle histoire de fantômes à Tokyo
tu y croiseras
l’onagata diabolique qui hante le konbini
la kaibyo qui gratte le trottoir de ses griffes
l’équivoque écolière aux larmes noires
et le fantôme sanglant de l’infirmière
et le fils débauché de la famille du chien-dieu
mais surtout tu prendras garde aux sortilèges
des renardes échappées des temples
qui t’entraînent dans des rues sans nom
t’ouvrent la porte des bars fantômes
et te font boire le saké de l’oubli
qui estompe les contours de la nuit
et captif de ces fantômes d’amour
escamoté du monde des vivants
jamais tu ne verras l’aube se lever
mais n’est-ce pas au fond ce que tu désires ?