vendredi 18 novembre 2016

Photographier Golden Gai


Je ne suis pas un photographe et à vrai dire je n’y connais pas grand-chose. Pourtant, j’ai ressenti le besoin de photographier Golden Gai. C’était une façon d’entrer dans ce territoire qui me fascinait et une façon de le regarder et puis qui sait peut-être un jour le voir. Sur les conseils d’un ami, j’optais pour un Canon 1100 d’occasion et je troquais l’objectif pour un 50mm. Ma première série de photos date d’octobre 2015. Très vite j’ai compris que je voulais adopter le point de vue d’un voyageur arpentant Golden Gai et jetant un coup d’oeil à travers les fenêtres et les rideaux en plastiques des portes. Cette méthode m’offrait des reflets, des couleurs et la transparence usée du plastique et des vitres. Je retrouvais souvent ce « doré » qui désigne le quartier. Cet estompage me parlait aussi du temps et de mes chers fantômes. J’ai à nouveau photographié les ruelles en aout et octobre 2016. J’ai vu la rue sinistrée par l’incendie d’avril se relever littéralement de ses cendres quelques mois plus tard, reconstituée, propre et scintillante, comme si tout avait été pardonné. Mais quelque chose s’était bien passé. Pour la première fois, dans ce cycle ininterrompu de nuits, Golden Gai avait fait l’expérience de sa disparition.
Et moi, qu’avais-je appris et que me restait-il à apprendre ?
Un soir, un Japonais qui était dans la même réflexion que moi me confia quelle était sa vision de Golden Gai.

Je n’aurai pas pu l’exprimer mieux. Ce sera le sujet d’un prochain billet.

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