mardi 12 septembre 2017

Dracura à Tokyo

En 2010, parcourant "Koji Wakamatsu, cinéaste de la révolte" (IMHO), je tombe sur ce texte, "Carnet de bord de Corée -L’archipel japonais en sang", et sur cette note d'introduction :

"Carnet de bord de Corée » a été publié pendant l’automne 1973 dans le premier numéro de la revue Dorakyura (Dracula*) dont le rédacteur en chef était Juro Kara. Ce texte aborde la relation entre la Corée et le Japon et la situation de l’Asie de l’Est."

Me revient à l’esprit une petite revue achetée cet été à Nakano Broadway pour sa couverture bizarre et ses illustrations macabres.





Automne 73, Dracula ou "Dracura"... tout concorde.

Tenir entre ses mains une revue conçue par Juro Kara est déjà émouvant puisqu’il s’agit du mythique chef d‘une troupe situationniste du Tokyo des années 60. Il joue le rôle principal des Anges violés de Wakamatsu et apparaît avec ses comédiens dans Journal d‘un voleur de Shinjuku d‘Oshima (c‘est lui qui surgit en pagne en plein Shinjuku).

Je parviens à identifier dans le sommaire la texte de Wakamatsu.

J’en reproduis ici le premier paragraphe traduit en français dans Cinéaste de la révolte.

«Juro Kara prend le mythe du vampire à bras le corps. Je suppose que chez lui verser et sucer le sang représente la souffrance d’être au monde. Quel genre d’élan peut bien le pousser à aborder un tel sujet ? D’une manière générale, lorsque mes amis abordent le thème du sang et de la couleur rouge vif, ils dévoilent — l’espace d’un instant — une joie extrêmement intense ou prennent alors l’air de quelqu’un révélant un peu d’une pensée secrète. Pour ma part, la vue de mon sang, des règles de ma mère, ou du soleil rouge figurant sur le drapeau japonais n’ont jamais suscité de sentiments précis chez moi.»

La suite ici en Japonais.











La revue est aussi bourrée de collages, de BD surréalistes, ainsi que d’une illustration hilarante de Shigeru Mizuki où des pénis/chauve-souris attaquent Tokyo.




















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