lundi 3 octobre 2016

La chambre jaune


C’est un visage à travers la meurtrière d’un bar de Golden Gai, à peine un visage d’ailleurs mais une ombre, un spectre songeur. Peut-être un des personnages d’Edogawa Ranpo, ces criminels toujours à demi cachés, à demi réels, tout à tour hommes et femmes, monstres et humains, qui hantent les entrebâillements du monde et ses interstices. Meurtriers des chambres closes qui versent goutte à goutte du poison entre les lattes du plancher d’un grenier dans la bouche de leur victime endormie. Un coup de fard, et cest peut-être Shizuko Oyamada qui pousserait la porte, le visage dissimulé derrière un col en fourrure, et disparaîtrait dans l'aube bleue de Shinjuku. Le nom du bar est dailleurs étrange : 2x4-. Deux fois quatre moins linfini ? Comment cela se prononce-t-il en japonais ? Quel est son sens caché ?


C’est peut-être sur la porte de ce bar que se trouve l’opération secrète qui donnerait la clé de Golden Gai.

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